
Foumban : marcher dans la ville où un roi inventa une écriture
Un palais de brique rouge toujours habité, un musée en forme de serpent à deux têtes, des ateliers où l’on fond encore le bronze : Foumban se visite à pied, lentement. Comment y aller, quoi voir, et ce qu’on en ramène.
Par Yuhala Darren Tuma11 octobre 20264 min de lecture
Certaines villes se visitent. Foumban se parcourt lentement, à pied, en levant la tête. Ici, un palais de brique rouge raconte six siècles de rois, un musée a la forme d’un serpent à deux têtes, et dans les ateliers on travaille encore le bronze et le bois à la main. On en repart avec l’impression d’avoir marché dans un livre d’histoire que personne n’a refermé.
Un palais toujours habité
Le palais des sultans bamoun a été construit en 1917 par le roi Ibrahim Njoya. Ce n’est ni une ruine ni un décor : c’est encore la demeure du sultan. La dynastie qu’il abrite remonte à 1394, ce qui fait du royaume bamoun l’un des plus anciens d’Afrique subsaharienne.

Le roi qui inventa une écriture
Njoya n’était pas seulement un bâtisseur. Il a donné à son peuple une écriture, pour consigner l’histoire du royaume, ses coutumes et ses remèdes. À une époque où l’on répétait que l’Afrique n’écrivait pas, un roi de l’Ouest Cameroun répondait par des manuscrits. Il est mort en 1933. Son écriture, elle, est toujours là, et c’est peut-être ce qui serre le plus le cœur quand on la voit pour la première fois.

Un musée en forme de serpent
Depuis le 13 avril 2024, Foumban a un nouveau joyau : le Musée des rois bamoun. Ses 5 000 m² reprennent les emblèmes du royaume : le serpent à deux têtes, pour la force ; l’araignée, pour le travail et la sagesse ; la double cloche, pour l’unité. À l’intérieur, plus de dix mille pièces racontent la dynastie.

La balade : du palais aux ateliers
Le plus beau de Foumban se fait à pied. En sortant du palais, on rejoint en quelques centaines de mètres le Musée des arts et traditions bamoun, puis les ateliers des artisans : bois sculpté, bronze, broderie. On regarde, on discute, on marchande. Personne ne t’en voudra de prendre ton temps.
Comment y aller
- Depuis Bafoussam : Foumban est à environ 70 km par la route. C’est la porte d’entrée la plus simple.
- Depuis Yaoundé ou Douala : on rejoint d’abord Bafoussam, puis on continue vers Foumban. Prévois la journée pour le trajet.
- Sur place : le palais, les musées et les ateliers se font à pied. Pour le reste, les motos-taxis sont partout.
- Les tarifs d’entrée et de guide changent : demande-les à l’accueil avant de commencer la visite.
Quand y aller
Toute l’année. Mais si tu peux, vise le Nguon : la grande fête du peuple bamoun, avec ses rites et ses parades, est inscrite depuis 2023 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Ses dates changent : renseigne-toi avant de partir.
Foumban sur la carte de NiceThings
À toi de raconter
- Tu es déjà allé à Foumban ? Qu’est-ce qui t’a le plus marqué ?
- Combien as-tu payé l’entrée et le guide ? Ton prix aidera le prochain visiteur.
- Une adresse où bien manger après la visite ?
Réponds en commentaire, juste en dessous. Et si tu as des photos ou une vidéo du palais, ajoute-les sur sa fiche : elles apparaîtront sur son mur.
On vient à Foumban pour un palais. On en repart en ayant compris qu’un royaume peut tenir dans une écriture, et qu’elle peut tenir six siècles.
Photos : Albert Backer (photo d’ouverture, 1991, CC BY-SA 3.0), WILLAV-FR et Devane Ndonnang Nanga Zenas (fresque, dynastie), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons. Sources : Global Voices, VOA, Wikipédia.
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